© Maxime Delrue

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Pendant les six jours d’alerte terroriste maximale à Bruxelles, des acteurs peu connus ont fait beaucoup parler d’eux. De l’Ocam au Centre de Crise en passant par le Conseil national de sécurité, portrait express de ces organismes qui collaborent dans la lutte contre le terrorisme.

  • L’Ocam analyse

L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace est une entité indépendante qui regroupe des analystes de tout bord. Son rôle est de produire une évaluation des menaces terroristes et extrémistes qui pèsent sur la Belgique. Il s’appuie sur une équipe d’experts et de membres de différents services comme la Sûreté de l’Etat, le Renseignement militaire mais aussi les Douanes ou la police locale et fédérale.
L’évaluation de la menace s’échelonne en quatre niveaux, de « faible » à « très grave ». L’Ocam prépare continuellement des analyses mais le gouvernement ou les communes peuvent également en demander, par exemple pour des événements précis.
Une fois cette évaluation prête, elle part au Centre de Crise.

  • Le Centre de Crise conseille

Le Centre de Crise est un lieu central de concertation. Il coordonne les actions des différents acteurs que sont, par exemple, la police et les services de renseignement. Bien que rattaché au ministère de l’Intérieur, il travaille avec les autres départements.
Lors de sommets européens ou de la venue exceptionnelle d’un chef d’Etat, le Centre de Crise décide des mesures de sécurité spécifiques à mettre en place.
Dans les dossiers de terrorisme, il ne prend pas les décisions tout seul. Fort de son expérience, le Centre de Crise formule des recommandations au Conseil national de sécurité et l’aide à gérer la situation.

23mars2

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  • Le Conseil national de sécurité décide

Le Conseil national de sécurité est compétent en matière de terrorisme. Il décide des mesures à prendre, sur base de l’analyse de l’Ocam et des recommandations du Centre de Crise.
Le Premier ministre préside le Conseil national de sécurité. Il est entouré de ses Vice-premiers ainsi que des ministres de la Justice, de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères. D’autres ministres peuvent également être convoqués en fonction du sujet abordé par le Conseil.
Outre les représentants du gouvernement, des membres des différents services de renseignement, de la police, du ministère de l’Intérieur et de la Justice peuvent être invités.
Pendant l’alerte de niveau 4, les représentants des entités fédérées étaient également autour de la table. En effet, la fermeture des écoles et du métro sont des compétences respectivement communautaires et régionales, d’où le besoin de se concerter avec ces niveaux de pouvoir.
Une variante bruxelloise du CNS existe : le Conseil régional de sécurité. Il réunit les bourgmestres de 19 communes ainsi que les chefs de corps des zones de police et vise à coordonner les actions à mener sur le territoire de la Région.

Infographie représentant les membres du Conseil national de sécurité

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  • Le bourgmestre, responsable local

Les bourgmestres sont responsables de la sécurité dans leur commune. Ils autorisent ou non des évènements sur leur territoire. Pour prendre cette décision, ils se basent sur le niveau d’alerte publié par l’Ocam et se concertent avec la police locale. Ils peuvent également demander des conseils au Centre de Crise. Si la commune en fait la demande, l’Ocam peut fournir une évaluation de la menace pour un évènement précis.

  • Les polices et l’armée dans la rue

Ensemble, la police locale et fédérale ainsi que l’armée sont sur le terrain pour assurer la sécurité de la population. L’armée est appelée en renfort afin de libérer des effectifs policiers et de rassurer la population. C’est aussi pour décharger les agents que différents évènements ont été annulés pendant l’alerte de niveau 4.
La coordination entre la Défense et la police se fait via le chef de corps de la zone de police Bruxelles-Ixelles. Il supervise les six zones de police bruxelloises, la police fédérale et l’armée.

  • Le parquet fédéral mène l’enquête

Le parquet fédéral est compétent pour les dossiers de terrorisme. C’est lui qui dirige l’enquête, en concertation avec les enquêteurs d’autres pays.

 

Ce n’est pas cette liste qui nous fera dire le contraire, la Belgique est un pays compliqué. La lutte contre le terrorisme ne fait pas exception à la règle. Reste à voir si les critiques formulées par des journaux étrangers mais également par des politiques belges vont apporter des changements dans la lasagne institutionnelle du plat pays.

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L’Ocam n’a rien d’obscur: un service public transparent qui fait peur

Opinion de Partick Dewael (Open VLD) dans De Morgen qui plaide pour que les décisions anti-terroristes soient prises par le Centre de Crise, hors de toute emprise politique.