Depuis le 30 juin, l’Agence pour la Sécurité de la Chaine alimentaire (AFSCA) permet à tout un chacun de consulter les résultats des inspections des fournisseurs de service aux consommateurs sur sa plateforme FoodWeb. Tout est répertorié, des restaurant aux snacks en passant par les prisons et les cantines scolaires. Un pas dans la bonne direction, mais un pas insuffisant.

Le boulanger du coin est-il exemplaire du point de vue sanitaire ? Le mien l’est. L’AFSCA lui a décerné la mention « Très bien », l’équivalent d’une médaille d’argent. Je suis content de le savoir. Et pourtant, j’aimerais pouvoir en savoir plus.

quentin

En 2014, 30% (PDF) des établissements contrôlés par l’AFSCA ont reçu un avertissement ou un PV. Ce chiffre monte à 40% (PDF) pour l’horeca et les cuisines de collectivités.

L’AFSCA travaille avec de l’argent public, il est donc légitime que les résultats de son travail puissent être connus de tous. Et pourtant, on sent que ce n’est pas fait de gaieté de coeur. L’AFSCA est en fait poussée dans le dos par un arrêt du Conseil d’Etat.

La base de données derrière FoodWeb n’est pas publique. Les résultats ne sont pas réutilisables. Bien sûr, avec de la bidouille, rien n’est impossible, mais on ne devrait pas en être là. Il devrait être possible de télécharger cette base de données en format exploitable (Excel ou CSV) afin de pouvoir faire des analyses, de regarder, de chipoter.

Seul 66% des cantines scolaires ont reçu un avis favorable en 2014. Où sont les 44 autres pourcents ? Sont-ils tous dans la même région ? Y a-t-il un problème de gestion spécifique à un fournisseur de service ? Toutes des questions légitimes. Peut-être que rien de remarquable ne se passe ! Mais pour l’instant, c’est pratiquement impossible à savoir.

Pourtant, la base de données qui permettrait de répondre à ces questions existe.

Pourquoi n’est-elle pas mise à disposition ? J’en ai discuté avec la cheffe de projet de l’AFSCA lors de la conférence de presse. J’ai eu l’impression de débarquer d’une autre planète. Ce qu’il manque, et pas qu’à l’AFSCA, c’est une culture des données ouvertes. Ce n’est pas un caprice de geek. C’est un droit légitime dans une démocratie moderne.