J’ai posé mon sac chargé d’idées et d’envies à L’Echo pendant deux semaines. Retour sur les leçons tirées après neuf jours 100% data.

Tout d’abord, le data journalisme reste difficile à exercer en Belgique. Et pour cause, les données restent souvent compliquées à obtenir. Parfois pour de bonnes raisons, comme la protection de la vie privée. Parfois pour de moins bonnes raisons. « On ne sait pas vous les transmettre ». Mouais…

Il nous est aussi arrivé d’avoir besoin d’une base de données qui n’existait pas. Pour enquêter sur les rappels de produits de l’AFSCA, il a fallu créer un scrapper, un programme pour extraire le contenu d’un site web, via OutWit Hub. Autre défi, une fois les données récupérées : les organiser en créant des catégories de toute pièce. Inclut-on les salades avec le reste des légumes ? Les laisse-t-on à part ? Aussi anecdotique que cela puisse paraitre, cela fait partie des nombreuses questions à résoudre quand on travaille avec une base de données maison.

Le fédéralisme tue l’open data

« Quel diplôme mène le plus vite à un travail ? ». C’est le titre d’un article du Tijd qui étudie chaque filière d’étude et montre lesquelles permettent de trouver le plus vite un emploi.

Graphique en bâtons des formations qui mènent le plus vite à un travail©Mediafin

Basé sur des données du VDAB, le service flamand pour la recherche d’emploi et la formation professionnelle, nous voulions étendre ce projet à toute la Belgique. C’était avant d’apprendre qu’Actiris, pour la Région de Bruxelles-Capitale, ne disposait pas de ce type de données. En Wallonie, le Forem ne suit pas tous les étudiants comme le fait le VDAB en Flandre. Trois régions, trois manières différentes de traiter les données. Et une croisement national impossible.

Un processus mouvant

Autre enseignement : les projets sont évolutifs. Notre carte des communes belges pour prendre la mesure de la guerre en Syrie n’était pas ce qui était prévu à l’origine. Nous voulions simplement adapter le projet If We Were Syrian à l’échelle belge, ce qu’a fait la RTBF il y a quelques jours. Ce n’est qu’à la moitié du projet que nous avons réalisé qu’une comparaison au niveau communal aurait peut-être plus de sens qu’un niveau national. Un passage dans QGIS et une couche de CartoDB plus tard, voici le résultat.

Carte interactive des communes belges en fonction du bilan de la guerre syrienne©Mediafin

« Tout vient à point à qui sait attendre »

Avec un article tous les trois jours en moyenne, le data journalisme, comme toute investigation, prend du temps. Obtenir et nettoyer les données sont les étapes les plus chronophages. Un temps nécessaire pour réaliser une enquête dans de bonnes conditions.

Malgré ces contraintes, le data journalisme permet d’aborder des sujets exclusifs via des angles différents. Une belle piste pour donner un nouveau souffle à un métier en difficulté.

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